Home> Blog Archives

Blog Archives

Guide de survie

12 April 2011 Category :Max| Voyage 0

Mes parents viennent me rejoindre bientôt pour passer une petite semaine chinoise en ma compagnie. J’avais prévu de leur écrire un petit guide de survie en milieu hostile, mais autant en faire profiter tous mes nombreux lecteurs.

La première règle: ne s’étonner de rien. Y’a un mec au centre ville, tout nu sur un éléphant rose avec une bouteille de 2L de Sprite dans le cul, c’est NOR-MAL. This is China. Vous allez probablement voir tout et n’importe quoi, laissez filer, sinon votre cervelle d’occidental va imploser.

Gardez toujours sur vous un papier avec l’adresse de l’hôtel. Essayer de jouer le warrior, genre j’en ai une grosse paire, j’vais la dire oralement au taxi, ça ne marche pas. Surtout pas à Chongqing où les taxis parlent Chongqinghua. Globalement pour chaque destination où vous voulez vous rendre, essayez d’avoir un papier. Les voyages deviennent nettement plus plaisants, et même si vous vous perdez, un taxi peut vous ramener facilement à l’hôtel. A noter d’ailleurs que vu le prix des taxis, vous auriez tort de vous en priver.

Si vous mangez avec des chinois, et qu’ils paient sans même que vous vous en rendiez compte ou que vous puissiez réagir (ils vont jusqu’à faire croire qu’ils vont aux toilettes pour payer en douce), insistez pas pour les rembourser. Appliquez simplement les mêmes techniques de coyote (pour reprendre l’expression chère à Ludo) la prochaine fois.

Les chinois aiment bien qu’on arrive à leur balancer quelques mots en chinois (et de toute façon y’en a pas beaucoup qui parlent anglais), donc voici une liste des mots primordiaux avec leurs prononciations approximatives.

你好, “nǐ hǎo”, qui se prononce “ni hrao”, et qui veut dire “bonjour”. En théorie on est censé dire “nin hao” pour la version polie et “nimen hao” quand on s’adresse à plusieurs personnes, mais dans la pratique j’entends toujours “ni hao”.

谢谢, “xièxie”, qui se prononce “shiéshié”, et qui veut dire “merci”. La réponse est la plupart du temps “buxie”, et parfois quelques variantes “biekeqi” ou “bukeqi”.

听不懂了, “tīng bù dǒng le”, qui se prononce “ting bou dong le”, et qui veut dire “j’ai bien entendu mais je ne comprends pas”.

不要, “bù yào”, qui se prononce “bou yao” assez sèchement, et qui veut dire “je ne veux pas”.

Pour au-revoir, ils disent de toute facon “babye” la plupart du temps.

Si vous restez pour une durée relativement longue, il est impératif de repérer les bons coins occidentaux. Bars, bouffe, supermarchés, tout ce qui peut rappeler votre pays d’origine. La Chine c’est cool, mais y’a un moment on a besoin de retrouver un peu ses racines.

C’est tout pour le moment, je rajouterai au fur et à mesure.

, , , , , ,

Shanghai, part II

12 April 2011 Category :Culture| Max| Voyage 0

On continue la narration de cette épique épopée.

On se lève à 9h20 le lendemain. Nah c’pas vrai, on se lève à 12h30. J’ai une bonne gueule de bois, et c’est évidemment le jour qu’a choisi le soleil pour apparaître. Bobo mes yeux.

Nous nous rendons à la cathédrale St. Ignace. Pour les chinois ça a l’air d’être assez fou, mais c’est plus petit et plus moche que n’importe quelle église de n’importe quel village français. On se rend ensuite au Xu Guangqi Park, qui est un endroit bien reposant.

Il se fait l’heure d’aller au concert de Bob Dylan.

Dès la sortie du métro, on est assaillis de gens qui veulent nous vendre des billets. Nos compagnons chinois n’en ont pas encore, et ils veulent justement en acheter devant la salle. C’est un peu stupide nous disons-nous, ils vont payer les billets deux fois plus cher ! Eh bien non. Beaucoup de personnes du gouvernement reçoivent des billets gratuitement, et les revendent ensuite. Ils obtiennent les billets à moitié prix. On se sent un peu con.

Plein d’occidentaux partout. Difficile de croire que nous sommes encore en Chine.

Le concert est bien, mais pas exceptionnel. Je m’attendais à quelque chose de plus intime, Dylan, sa gratte, son harmonica et le public. La ça ressemblait plus à “Bob Dylan and his band”, aucune discussion avec le public, je chante, je prends mon pognon et je me casse. En revanche le bougre a encore une sacrée énergie pour son age.

Photo du concert.

Pendant Desolation Road.

Bob Dylan

Merci le zoom x12.

A la sortie on reprend le métro, et ça parle francais tout autour de nous.

On se rend au bar, on prend une bière, ShaoJuan titube un peu et c’est plutôt marrant, puis on rentre se coucher.

Le lendemain, on se lève un peu tard. WangJian est parti tôt pour visiter un musée, nous on trainarde. On va manger à trois. La copine de ShaoJuan nous rejoint.

On se balade sur la Place du Peuple. C’est très sympa, très vert, avec de grands buildings autour.

Place du peuple

Place du peuple

WangJian nous rejoint, et pendant que les chinois discutent entre eux, je m’amuse à prendre des photos de ShaoJuan à son insu, sachant qu’elle n’aime pas ça du tout.

ShaoJuan

Pour une fois que j'fais une photo complétement à l'arrach', elle est jolie.

Les filles veulent rester un peu entre elles. Nous les hommes, allons boire un coca (ou de l’eau pour le Nico). WangJian nous apprend pas mal de trucs sur les caractères chinois et leurs origines. On discute également un peu politique (nous n’avons pas lancé le sujet), et il semble être parfaitement au courant de la censure d’internet en Chine, et des moyens de la contourner.

On rejoint les gonz’ à un fast-food chinois, et rencontrons une nouvelle amie de ShaoJuan. Encore une fois, son nom m’échappe. Comme d’hab’ j’ai le droit à des rires quand ShaoJuan lui donne mon nom chinois. J’me demande vraiment si elle s’est pas un peu foutu de ma gueule en me nommant.

On se retrouve à deux au milieu de quatre chinois. Ils ont la fâcheuse habitude de pointer du doigt, et du coup on sait tout de suite quand ils parlent de nous, mais on ne comprend rien.

On va au Cotton Club, un bar de jazz dont le nom me semble un peu raciste, m’enfin. Ils ont d’la bonne bière alors on pardonne la maladresse.

On rentre ensuite à l’hôtel, avec les copines de ShaoJuan qui vont à priori dormir avec elle (3 gonzesses dans un lit deux places, miam miam).

Le frère de WangJian lui a confié quatre bouteilles de pinard californiens, dont deux pour nous, et les filles veulent en boire tout de suite. J’aime pas trop l’idée mais je ne proteste pas. Mon coeur a sauté un battement quand j’ai vu le mélange pinard/7 Up, et je leur explique que la peine de mort pourrait bien être rétablie en France pour un crime aussi grave. Le pinard est pas mauvais, mais il manque un peu de corps.

ShaoJuan insite pour qu’on s’ouvre une troisième bouteille. Je le sens très moyen. Quand une personne dit qu’elle est pas saoul, l’expérience m’a souvent montré qu’elle l’était complétement, mais elle n’a pas passé sa nuit dans les toilettes. On discute ensuite avec WangJian qui lui était complétement fait, et qui ne s’arrêtait plus de parler. J’ai été vraiment surpris par sa lucidité (même bourré il reste lucide) en ce qui concerne la politique chinoise, l’échec du communisme, le pouvoir qu’a le parti, les risques qu’il prend à me dire ce genre de choses. En espérant qu’aucun haut responsable du parti ne lira ce blog, ça m’emmerderait qu’il se retrouve emprisonnépar ma faute.

Le jour commence à se lever, on se dit qu’il est temps de se mettre au lit. Levé 2h plus tard, à 7h30. WangJian reste au pieu.

Nico, ShaoJuan et moi-même allons visiter le musée de Shanghai, qui contient plein de vieux trucs sur la culture chinoise (calligraphie, sceaux, monnaies, vêtements, …). C’est plutôt intéressant mais encore très chinois comme musée, beaucoup de fois la même chose. On est terriblement crevés en plus.

Calligraphie.

Calligraphie.

On se dirige ensuite vers l’aéroport. Il est censé être international, mais je trouve que ça ne parle pas suffisament anglais. On rate notre avion, sinon c’est pas marrant, et nous devons claquer 1400yuans pour racheter un billet. Ca fait mal.

4h plus tard, nous sommes enfin de retour au campus.

En resumé, j’aime beaucoup Shanghai. C’est une ville beaucoup plus uniforme architecturalement, plus aérée et plus verte que Chongqing. Je regrette un peu qu’il y ait tellement d’occidentaux. C’est tellement plus marrant de jamais entendre parler anglais. En tous cas, c’est une ville dans laquelle je me vois tout à fait revenir d’ici un an ou deux (en fonction de ce que la vie me réserve).

, , , , , ,

Shanghai, part I

11 April 2011 Category :Culture| Max| Non classé| Voyage 1

Tout d’abord un peu de prononciation. Shanghai se prononce “Shanghrai”. La prochaine fois qu’un chinois vous dira qu’il vient de là, vous le comprendrez.

Pour replacer rapidement le contexte, Bob Dylan était en concert le 8 avril là-bas, et nous nous sommes dit qu’il serait cool d’y aller, et du coup de passer 4jours dans cette ville. Par “nous”, je veux dire Nicolas, Li ShaoJuan (une de nos profs de chinois), son ami WangJian, et moi-même.

Départ le 6 avril dans la soirée. 2h d’avion qu’on passe à donner des cours de français à ShaoJuan. Sa phrase préférée est sans aucun doute “Tes yeux sont bleus”.

On rencontre le frère de WangJian qui bosse dans l’import de pinard, et qui nous conduit jusqu’à notre hôtel. Les hôtesses prennent les photos de nos passeports avec un téléphone, le scanner est mort. Il est minuit passé, et je reçois mon premier cadeau: un best-of en trois CDs de Bob Dylan, offert par WangJian que je connais depuis seulement 2h. Ils sont fous ces chinois. En tous cas, ça fait sacrément plaisir.

Pour la petite histoire, ces CDs sont des vrais, mais dont la boite a été légèrement endommagée et qui ne peuvent donc pas être vendus. Ils sont censés se faire détruire, mais des chinois les récupèrent et les revendent pas chers. On a eu droit à d’autres histoires similaires sur le marché noir chinois.

On discute encore 2h pour définir le programme des prochains jours, et on dort.

Réveil à 7h. On va prendre un petit déj’ à la chinoise, composé de mian (nouilles) et de jiaozi (raviolis) dans une arrière boutique sordide sans éclairage (plus d’électricité dans le quartier). C’était pas dégueulasse mais ça faisait peur.

Le métro est sympa, propre, les annonces sont en chinois et en anglais.

On rencontre une amie de ShaoJuan. Me souviens par contre plus de son nom, c’est vraiment dur pour nous de retenir les noms chinois. J’la prie de m’excuser si elle me lit un jour (mais je suis plutôt confiant, ça a peu de chance d’arriver).

On visite le musée sur Lu Xun, un écrivain qui est, parait-il, le Balzac chinois. J’ai surtout beaucoup rigolé en lisant les petites plaques explicatives, on sent que c’est totalement objectif.

Les explications sont totalement objectives.

Les explications sont totalement objectives.

Ca m’a également permis de découvrir la façon dont sont faits les musées chinois. Ils ne sont pas inintéressant, mais le problème est que c’est 50fois exactement la même chose et qu’on se lasse du coup assez vite.

On visite des librairies l’aprem’.

On se retrouve dans une rue lumineuse, un peu le JieFangBei Shanghaiien. On mange dans un snack de la ville, un truc un peu à l’arrach’. On arrive à exploser les chinois avec des baguettes de la main gauche. Faut dire qu’on est gauchers alors ça aide. A la sortie, un mec m’interpelle pour me dire qu’il y a de très jolies filles dans le bâtiment à côté et qu’elles ne sont pas chères.

Rue de Shanghai

Rue de Shanghai

On marche un peu, jusqu’au bord du fleuve, ou nous avons droit à la vue classique de Shanghai (le Pudong, quartier des affaires) avec notamment la tour Jin Mao. Manque de bol y’avait pas mal de brouillard et mon appareil est pas à l’aise la nuit.

Pour mon anniversaire, on va dans un bar allemand. Ils ont des choppes d’1L, cool.

Nico avec une choppe de bière

Nico approuve la bière.

J’me prends un schnaps, juste pour voir. Manque de bol j’voulais un kirsh, me suis retrouvé avec du schnaps d’amande. C’pas dégueu mais ça rappelle moins le pays. Y’a également une photo derrière nous qui montre des maisons à colombages. Gros moment de nostalgie pour nous alsaciens.

Le frère de WangJian s’est senti obligé de dire au serveur que c’était mon anniversaire. J’ai eu droit au groupe qui a chanté “Happy Birthday” et à la part de gâteau avec une bougie dessus. En France je serai mort de honte, ici c’était touchant.

Photo de groupe au bar.

Photo de groupe.

On se rend ensuite au KTV. Les chinois chantent tous bien, on se sent vraiment nuls à côté.

La soirée aura coûté autour de 2000yuans, et on pas eu a débourser un seul centime, on s’est fait inviter par le frère de WangJian. C’est quand même incroyable, le type on le verra sans doute plus jamais, et il nous paie la soirée sans se poser de question. On essaiera de repasser à Shanghai à la fin de l’année pour boire une bière avec lui et essayer de le rembourser.

Je rebondis là-dessus pour donner la plus grande qualité et le plus gros défauts des chinois. Ils se prennent pas la tête pour le pognon. Un mec paie une fois, le lendemain c’est quelqu’un d’autre, et personne ne tient les comptes. Nous les français sommes toujours en train de diviser, à noter partout qui nous doit combien. Le gros problème avec ça c’est qu’on fait nettement moins gaffe à ce qu’on dépense, et ces quatre jours m’auront coûté relativement chers.

De ce premier jour à Shanghai, je retiens surtout que la ville est très aérée, les bâtiments sont beaucoup plus espacés qu’à Chongqing et c’est vraiment agréable. On a croisé aussi beaucoup d’occidentaux. A Chongqing si on entend parler français, on va taper la discute un peu, là-bas ça a l’air très commun. On a du faire un peu gaffe à c’qu’on disait, nous qui avions pris l’habitude de raconter n’importe quelle connerie à haute voix puisque personne ne peut nous comprendre.

On finit là-dessus, la suite bientôt.

, , , , ,