Un petit article pour parler de la langue chinoise, et plus précisément du mandarin, puisqu’il y a plusieurs langues et dialectes en Chine. C’est la langue officielle chinoise et donc celle que nous apprenons. Je vais rester concis, il s’agit pas de faire un cours de chinois, juste d’expliquer en gros comment ça marche et pourquoi c’est difficile pour nous.
Une petite carte explicative. Elle permettra en même temps à ceux qui ne savent pas où est Chongqing de se repérer.

- Carte des langues chinoises
La théorie
La principale différence avec nos langues latines ou germanique, c’est l’utilisation de tons.
Nous nous servons de l’intonation pour aider à la compréhension de nos phrases. Par exemple une phrase interrogative montera à la fin, quand on s’énerve on a tendance à descendre. En mandarin, les tons s’appliquent aux mots. Il faut ainsi monter et redescendre constamment. D’autant plus que si l’intonation n’est chez nous pas nécessaire à la compréhension, en mandarin il faut pas se rater (“mǎi” veut dire acheter, “mài” veut dire vendre).
Afin de faciliter l’apprentissage du chinois, le pinyin a été crée. Ca utilise notre alphabet occidental avec des accents pour représenter les tons.
Ces tons sont au nombre de quatre, simplement appelés premier, deuxième, troisième et quatrième.
Le premier ton est représenté par un accent horizontal: ā. Il faut prononcer cette syllabe plus haut que les autres.
Le second est le ton montant, représenté par un accent aiguë: á. A la prononciation, c’est un peu comme si on interrogeait quelqu’un (“ah ?”).
Le troisième est le ton un peu chiant, représenté par un accent circonflexe inversé: ǎ. Il faut descendre puis remonter.
Le quatrième est le ton descendant, représenté par un accent grave: à. C’est surtout ce ton qui donne l’impression que les chinois sont tout le temps énervés quand ils parlent.
Quand nous apprenons un mot, il est donc nécessaire d’apprendre le pinyin pour savoir comment le prononcer, sa traduction et son/ses caractère(s).
Pourquoi on en chie
En général, nous apprenons 40 mots par semaine. C’est un rythme extrêmement soutenu, surtout quand on a pas eu de cours normaux et d’apprentissage par coeur pendant 3/4ans. Personnellement, je bosse une dizaine d’heures par semaine en plus des cours, et j’ai tout de même du mal à suivre. Mon poignet souffre également bien, j’ai perdu l’habitude d’écrire au stylo.
L’intonation est jouable dans un domaine académique où on répète plein de fois les mots, c’est nettement plus dur quand il s’agit de composer des phrases tout en conservant les bons tons. Nous avons pu remarquer qu’en pratique les chinois se servaient beaucoup plus du contexte que des tons. A Chongqing ils ont également du mal à faire la différence entre ‘s’ et ‘sh’, c’qui est assez chiant pour les prix, sachant que 4 se dit “sì” et 10 “shí”.
Le petit truc marrant à noter c’est que nous apprenons en anglais. Nous faisons donc à chaque fois la conversion chinois => anglais => français, et même si nous sommes tous relativement à l’aise en anglais, je pense que c’est une difficulté supplémentaire.
On en vient vite à remarquer des similitudes entre les caractères, et si ça peut parfois aider à comprendre le sens, c’est le plus souvent un piège. On se retrouve très facilement avec deux caractères très similaires (à un petit trait près) mais au sens totalement différent.
Exemple:
住, zhù qui veut dire “vivre”
往, wǎng qui veut dire “vers” (direction)
On peut aussi remarquer que les deux mots ne se prononcent absolument pas de la même façon.
Et concrètement, z’en êtes où ?
Les efforts paient quand même puisque nous arrivons à déchiffrer quelques caractères par-ci par-là, et nous connaissons les bases: bonjour/au revoir/wie geht’s, nombres/prix, noms, dates, frères/soeurs, je suis francais (très important).
En tous cas j’ai l’impression d’avoir bien progressé en un mois et j’ai plus trop de doutes quant à notre capacité à parler chinois à la fin de notre voyage.